Caméras des Champs 2021
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22 ème

Edition en ligne sur la plateforme

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Editorial

Luc Delmas Directeur du festival

Ah que les «bras croisés» sont fatigants !

Au bout de 22 ans, on pourrait penser que tout a été dit, que tout a été filmé et que présenter encore des documentaires sur la vie dans le monde rural relève d'une routine. Continuer amènerait les festivaliers à se répéter et à partager sans cesse les mêmes discours, les mêmes déceptions et les mêmes enthousiasmes. Rapidement l'exercice deviendrait lassant et ferait perdre à toute l'équipe des organisateurs et au public tout élan et toute volonté de poursuivre ces moments d’échange et de confrontation parfois, qui nous amènent à penser le monde tel qu’il va ! Faudrait-il s’arrêter de débattre ensemble pour sortir de la pensée dominante, celle qui nous pousse à croire qu’un monde meilleur viendra de la privatisation de tout et de la course folle vers une consommation sans limite, dans le mépris des autres et de la nature ?

Depuis plusieurs années, grâce aux documentaristes, nous avons bien compris que le temps n’était plus seulement à l'alerte mais résolument aux solutions. Les échanges qui ont accompagné les projections ont montré la direction. Pourtant, les films continuent d’alimenter ce débat chaque année, donnant involontairement la mesure des difficultés à changer les choses. L’impatience pourrait nourrir un abandon, faisant, hélas, les affaires des puissants. Y aurait-il une autre voie que résister et proposer d'autres chemins, si l’on veut changer le cours des choses ?

Les réalisateurs nous montrent que beaucoup ont déjà décidé de ne plus accepter, ni les pollutions, ni les inégalités, ni les isolements. En un mot ils ont renoncé à la sujétion des êtres et des choses au monde de la finance ! Voilà ce que nous diront encore cette année les films réalisés au cours de cette dernière année 2019-2020.

Face aux puissances de l'argent qui se moquent des dégâts que leur cupidité provoque, c'est ensemble que l'on peut changer, en unissant résistances, compétences et solidarités, dans les coopératives, dans les AMAP, dans les collectifs de citoyens… Ensemble, pour produire en respectant la nature, les animaux, les consommateurs, ensemble, pour aller vers une économie supportable et une société plus égalitaire…

Ces documentaristes apportent la preuve que l’homme n’est pas individualiste par nature, au contraire. S’il l’est, c’est qu’il a été rendu tel ! Mais il peut retrouver le sens du partage, et la fraternité peut l’emporter sur la concurrence.

Tous les portraits que nous suivrons encore cette année, montrent que vivre à la campagne est un choix assumé, malgré les difficultés, entre ceux et celles qui choisissent de ne pas rompre la chaîne et se veulent résolument paysans ou paysannes. Tout comme les ruraux, néo ou pas, qui se battent pour être traités par notre République à égalité avec tous les autres citoyens. Tous, à leur manière, prennent le temps de vivre et d’affronter notre époque !

On nous dira que toutes ces expériences sont une goutte d’eau dans la mer et qu’il est facile de refaire un monde meilleur à peu de frais une fois par an dans le confort d’une salle de cinéma !

Ah que les « bras croisés » sont fatigants !

 

Editorial

Christian GUIRLINGER,

Président du Parc naturel régional de Lorraine

Le Parc naturel régional de Lorraine et la région Grand Est sont aux côtés des organisateurs et bénévoles du festival du film documentaire sur la ruralité « Caméras des champs » de Ville-sur-Yron depuis son origine. Dans le contexte actuel que nous vivons, la culture est et doit rester un lieu de partage et de rencontre qui permet de s’échapper quelques instants des difficultés du quotidien.

Je salue ainsi la décision des organisateurs de ne pas annuler pour la seconde année consécutive le festival. Par le biais de la nouvelle plateforme NOOZY.TV la manifestation aura bien lieu, certes avec moins de convivialité que les éditions passées.

L’enthousiasme des réalisateurs pour les questions liées à la ruralité ne faiblit pas puisque plus de 100 productions audiovisuelles ont été envoyées pour la dernière sélection 2019-2020 ! Confirmation également de la notoriété du festival en dehors de notre région avec des films qui proviennent de toute la France.

Plusieurs des thématiques des 17 films en compétition documentaire cette année entrent en résonance avec les préoccupations des parcs naturels régionaux, la question de l’accès aux services publics en milieu rural, la sauvegarde de la biodiversité, l’approche intégrée, systémique et unifiée de la santé publique, les changements de pratiques face aux changements climatiques…

Encore une fois, par le biais de leurs œuvres audiovisuelles, les documentaristes questionnent chacun d’entre nous sur l’évolution de nos sociétés et sur les solutions que nous avons la capacité d’apporter.

Très bon festival à tous et au plaisir de vous retrouver à Ville-sur-Yron l’an prochain !

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